
Jeune entrepreneur d’Anivorano Est dans la région Atsinanana de Madagascar, RASOAFARAZAY Kantias nous livre son aventure entrepreneuriale à travers une interview dans son champ de curcuma dans les forêts de l’Est.
Cette jeune femme de 27 ans a quitté le lycée il y a une décennie alors qu’elle était en classe de Terminales, depuis, elle a enchainé des petits boulots pour subvenir seule à ses besoins et à ceux de son petit garçon. Kantias a découvert le curcuma il y a 4 ans de cela sur un terrain de 50 ares alors qu’elle ne pensait qu’à survivre et depuis, un lien très fort les unis, un lien créé par le désir de surmonter la précarité, celui de dompter son destin, ce feu ardent d’entreprendre.
En 2020, Kantias a eu vent de l’appel à candidature pour la prochaine promotion de jeunes entrepreneurs ruraux dans le cadre du projet HARY mis en œuvre par Youth First et financé par CRS Madagascar. Elle n’a pas hésité à y participer. Elle a mis à part ses besognes pour une semaine de formation en entrepreneuriat dans la ville de Brickaville à 25 km d’Anivorano. La jeune femme accueille à bras ouvert, avec ce sourire marque de son charisme, de sa force et de sa résilience, nos Youth Officers pour les accompagnements mensuels afin de développer FENOHERY, nom qu’elle a donné à son entreprise. FENOHERY produit et vend du curcuma brut, séché et en poudre aux collecteurs.
Outre les appuis techniques de Youth First, Kantias a bénéficié d’un appui financier de CRS Madagascar pour accroitre FENOHERY. En Novembre dernier, elle a planté du curcuma sur un terrain de 118 ares pour pouvoir en récolter 150 kilos par ares soit une vingtaine de tonnes en Octobre prochain si le climat de l’Est lui est clément nous confie-t-elle. Le choix d’entreprendre pour Kantias est motivé par la soif d’un vent de changement tant pour sa famille que pour sa communauté, aussi notre jeune entrepreneure travaille avec une dizaine de main d’œuvre journalière locale lors des saisons de sarclage et de récolte.
Entrepreneure, mère célibataire, femme active au sein de sa commune, la journée de Kantias se départage entre ces différentes casquettes. Et comme la destination vers le succès se pare toujours d’embuche, Kantias se démène pour un commerce équitable même si ce combat semble souvent perdu d’avance car d’une part, les routes impraticables pour acheminer les produits restent les arguments de négociation des acheteurs. D’autre part, le favoritisme entre membre de la coopérative à laquelle elle appartient n’est jamais en faveur des petits producteurs, comme elle. Mais ces contre-temps sont pour elle une motivation pour faire un pas de plus. D’ailleurs, c’est le message qu’elle veut faire passer aux jeunes mais aussi aux femmes : « Faites bouger les lignes et soyez les acteurs de votre réussite ».
