
N’oublions pas que dans la lutte contre les violences basées sur le genre, on lutte aussi contre les violences faites aux hommes. Très peu discuté et très peu mis en avant, les statistiques prouvent que les agressions faites aux hommes sont moins reportées aux autorités locales que les agressions faites aux femmes. Et bien que porter plainte ou demander de l’aide soit un choix personnel, nous dénonçons les stéréotypes imposés par la société comme la raison principale du silence des victimes.
Du fait d’avoir entendu, depuis notre plus jeune âge, des remarques comme : « Un garçon ça ne pleure pas, tais toi », « Tu agis comme une fille », « Ne fait pas ça, tu es un homme ou pas ? », « Femmelette ! » (…) il est normal que beaucoup d’homme préfèrent subir et se taire plutôt que d’entendre les blâmes et les moqueries de leur entourage. Il ne devrait pas être étonnant non plus de voir des hommes violents qui, au fond, ont peur de ne pas satisfaire les standards de la société…
Ces remarques souvent jugées anodines sont aussi la source des stéréotypes liés au genre. Les sentiments et les émotions sont inconsciemment attribués aux femmes et la force et le caractère attribués aux hommes. Pourtant, tous ces points sont des caractéristiques que chaque humain possède, l’intensité de chaque point varie juste en fonction de la personne. Se limiter à ce qu’on nous permet de ressentir et se restreindre à ne faire que ce que les autres estiment que nous pouvons accomplir – est une discrimination qui a trop longtemps existé et est malheureusement devenu « normal ».
Les causes profondes de la violence basée sur le genre sont associées à « des attitudes, des croyances, des normes et des structures qui encouragent ou tolèrent la discrimination fondée sur le sexe et les déséquilibres de pouvoir » CPI, 2015, Directives pour l’intégation d’interventions ciblant la violence basée sur le genre dans l’action humanitaire, p. 9.
Il est temps de briser ce cycle. Normalisons ce qui est normal afin de retirer les barrières qui empêchent le développement et l’épanouissement de chacun. Comme les femmes ont un mouvement féministe, les hommes devraient aussi se battre pour leur droit en imposant la masculinité positive. La lutte est commune, car les discriminations le sont aussi. Pour qu’il y ait égalité de genre, il faut lutter contre toutes les injustices qui créent des intervalles entre les genres. Arrêtons les remarques sexistes et promouvons ensemble l’égalité ; car avant d’être homme ou femme, on s’identifie d’abord en tant qu’humain.
