Mon nom est Soafiavy Jean Baptiste et je vis dans la commune d’Androka dans le district d’Ampanihy, dans la région Atsimo- Andrefana.
Auparavant, je vivais chez mes parents, et je dépendais entièrement de leur financement. Je commençais cependant à vouloir mon indépendance car je voulais fonder une famille avec la femme que j’aime. J’avais la passion pour l’élevage de poulets mais je n’avais pas encore de vrai revenu faute de moyens.
C’est justement là que j’ai rencontré le programme MAHARO avec les staffs de l’ONG Youth First. Ce programme quinquennal financé par l’USAID et mis en œuvre par CRS Madagascar en partenariat avec l’ONG Youth First visait à prévenir et réduire durablement l’insécurité alimentaire aiguë pour les ménages vulnérables. J’y voyais l’occasion de présenter mon projet d’élevage.
J’ai été admis après avoir passé les tests. Grâce à un financement de 500 000 Ar de l’ONG Youth First, j’ai pu investir dans 20 poulets. Tout au long du processus, j’ai également bénéficié de leurs formations en entrepreneuriat et de leur accompagnement précieux, ce qui m’a grandement aidé. J’y ai appris à comptabiliser et gérer mon argent. Malheureusement, la plupart de mes poulets ont succombé à la maladie bien que je les aie fait vacciner.
Mais cela ne m’a pas freiné. J’ai parlé de mon problème à ma coach issue de Youth First, et celle-ci m’a dit que je pouvais encore relancer dans un autre projet. Leur soutien indéfectible m’a fait regagner confiance en ma capacité. J’ai alors commencé à faire du manioc séché. J’achète le manioc à Ampanihy, je les sèche et les revends à Androka. J’en vends environ 5 sacs par semaine. Cette activité m’a pas mal rapporté même si l’état des routes constitue encore ma principale difficulté.
Avec les bénéfices, j’ai ensuite acheté 2 panneaux solaires pour produire de l’électricité car il n’y en a pas dans le quartier où je vis. Par la suite, j’ai loué mes services en tant que chargeur de téléphones du quartier. Les bénéfices, combinés à ceux du manioc m’ont permis d’acquérir des matériels technologiques tels que 2 postes de télévision, une tablette, et un téléphone.
C’est là que m’est venue l’idée de mon troisième business, qui est d’ouvrir une petite salle de cinéma (communément appelé « vidéo ») dans mon quartier. Les jeunes aiment se divertir et j’avais les moyens de les satisfaire. Grâce à tous les bénéfices, j’ai même pu reprendre mon élevage de poulets.
Je peux dire que j’ai eu tout cela grâce aux formations et accompagnements de l’ONG Youth First, car ils ont su réveiller en moi mon esprit entrepreneurial. Avoir rencontré cette organisation a été une expérience qui a changé ma vie du tout au tout, car malgré mon jeune âge, j’ai pu m’autonomiser économiquement.
Aujourd’hui, j’ai ma propre maison où je vis paisiblement avec ma femme et mon enfant. Nous avons des meubles décents que nous sommes fiers de montrer à nos convives. J’aide aussi mes parents dans certaines dépenses.
Ma prochaine étape serait d’ouvrir une épicerie, parallèlement à toutes celles que j’ai déjà commencées.
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